Interprétation et traduction par ICVolontaires

09 août 2004

Quelle est la différence entre un interprète volontaire et un professionnel? Non, il ne s'agit pas d'une plaisanterie. Il y a plus que simplement le statut volontaire qui les dissocie. Pour les volontaires, une des différences majeures semble souvent résider dans le fait qu'ils s'investissent davantage avec les personnes à qui leurs services sont destinés, en plus de mettre à disposition leurs connaissances professionnelles. Ceci a été confirmé par l'expérience de plusieurs de nos interprètes et traducteurs ainsi que par des personnes pour lesquelles ils ont travaillé.

Wendy est traductrice et interprète professionnelle d'origine américaine et vivant en Autriche. Volontaire avec ICV pour la première fois l'année dernière, elle a été agréablement surprise: "Il existe un véritable esprit de coopération et les gens font tout pour s'entraider," a-t-elle déclaré après avoir été deux fois interprète volontaire.

"Comme il y a moins de pression professionnelle et un sens de l'esprit de groupe, c'est relativement facile de se faire des amis", remarque Wendy. Ce changement est le bienvenu lorsque l'on travaille comme traducteur professionnel. Les traducteurs travaillent souvent de manière isolée et ne reçoivent que peu d'échos après l'envoi de leur traduction (seulement quand il y a un problème). D'après Wendy, ce n'est pas le cas quand on est volontaire pour ICVolontaires: "On fait partie d'une équipe. Depuis ma participation à la 18e Conférence Mondiale sur le Volontariat d'IAVE à Barcelone en 2004, j'ai rencontré un bon nombre d'interprètes. Nous sommes plus que des simples collègues, en réalité des partenaires."

Les interprètes volontaires doivent être flexibles dans leur travail, mais le bon côté de la chose est qu'il est toujours possible de recevoir de l'aide lorsque la situation l'exige. Les attentes d'une activité professionnelle pèsent moins lourd sur le traducteur ou l'interprète volontaire. "En tant que volontaire, je peux me concentrer sur la meilleure façon de communiquer un message et d'assister les autres. C'est très gratifiant", dit Wendy.
Autre avantage: il n'y a pas de limite d'âge dans le volontariat. A Barcelone, Wendy a travaillé avec sa fille et d'autres personnes de tous âges. Elle a parlé de "excellente dynamique entre les générations".

Les bénéficiaires des services d'ICVolontaires ont également été satisfaits. La raison principale, bien sûr, étant que l'interprétation simultanée ou consécutive, ou encore la traduction de documents facilite grandement la communication entre personnes de différentes nationalités. Sans le talent et l'esprit de coopération des volontaires, ces personnes ne pourraient compter que sur leurs propres connaissances linguistiques, n'ayant pas les moyens de rémunérer des professionnels. Et l'esprit de coopération est un plus.

"Le contact direct avec les interprètes nous a considérablement aidé", déclaraient Tidjani Alou et Idrissa Laoualo, du Niger, après avoir suivi un cours de développement au sein de l'Institut universitaire d'études du développement (IUED) à Genève avec l'aide d'interprètes d'ICV. En fait, selon Pierre Dyens, coordinateur de l'équipe d'interprètes, l'interprétation consécutive utilisée à l'IUED fonctionne le mieux si les interprètes développent une relation avec les étudiants et se familiarisent avec le matériel didactique du cours. L'IUED considère que la contribution des volontaires a été un succès et a d'ores et déjà exprimé l'intention de les inviter l'an prochain pour le 'Diplôme d'éducation continue en développement et mondialisation'. M. Dyens ajoute qu'il serait impossible de réaliser ce programme avec un service d'interprétation professionnel, dans la mesure où 12 semaines de cours en trois langues seraient tout simplement hors de prix. L'alternative serait alors de mener les cours en anglais seulement, ce qui exclurait les étudiants qui ne maîtrisent pas suffisamment l'anglais. D'autre part, cela ne semble pas une bonne idée pour un diplôme sur la mondialisation et le développement donné par un institut francophone.

Pour des jeunes professionnels et des étudiants en langues, être interprète ou traducteur volontaire est également un excellent moyen d'acquérir de l'expérience. C'est précisément pour cette raison que Reuben Imray s'est engagé comme volontaire auprès d'ICV dès la fin de ses études à l'Université de Westminster en Grande Bretagne. Il a travaillé à deux reprises avec ICV. "En tant que (semi)-professionnel, j'ai acquis une expérience précieuse en interprétation," nous dit-il, ajoutant: "Je me suis également fait des amis à Genève, où j'envisage d'établir mon domicile professionnel. Je ne puis que recommander le volontariat pour de jeunes interprètes débutant dans la profession comme moi-même."

Même des professionnels qualifiés dans d'autres domaines que celui de l'interprétation et de la traduction ressentent l'utilité de mettre leurs connaissances linguistiques à disposition, comme Pok Chongcharoen en a fait l'expérience. Elle s'est portée volontaire pour aider le Réseau des Survivants aux Mines Antipersonnel, dont le but est d'améliorer la situation des victimes de mines antipersonnel dans le monde entier. Pok avait travaillé pour plusieurs organisations internationales dans le domaine du genre (pour l'égalité entre homme et femme) et du travail des enfants, mais pas comme traductrice. "Habituée au travail social, je considérais que je pouvais contribuer de manière significative au projet," nous dit-elle. "J'ai interprété et rédigé des textes pour des participants thaïs et laotiens dans un atelier de préparation pour une conférence sur les mines antipersonnel en 2003, ainsi que des résumés de traités liés aux mines, des définitions clés et autres informations pour les participants thaïs à une conférence sur les mines à Nairobi en 2004. Ce que j'en ai retiré personnellement c'est une grande satisfaction, la connaissance de nouvelles problématiques et des contacts avec d'autres personnes."

ICV est l'un des rares réseaux de volontariat à offrir ce genre de services aux ONG comme l'a démontré une étude menée par Mélanie Curtin avec l'aide d'une bourse du Haas Center for Public Service de l'Université de Stanford et en partenariat avec l'ETI (Ecole de traduction et d'interprétation) de l'Université de Genève. Les interprètes et traducteurs volontaires répondent à un besoin évident comme elle a pu le constater. Les ONG sont souvent à la pointe d'un monde de plus en plus interconnecté et donc traitant dans de multiples langues. Ils facilitent donc la communication, tant interculturelle qu'inter linguistique. L'étude a souligné en outre que les interprètes et les traducteurs (spécialement les récents diplômés ou les professionnels ajoutant une langue) peuvent acquérir une expérience pratique et utile dans ce domaine en étant volontaires pour les ONG. Cet échange peut fournir une expérience précieuse pour les interprètes et les traducteurs, une ressource précieuse pour les ONG tout en encourageant globalement la coopération et la compréhension internationales." (CS / VK)

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